La mauvaise réputation des animaux dûe aux dessins-animés

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Les dessins-animés qui ont bercé notre enfance sont souvent peuplés de nombreux animaux, aidant les héros dans leur quête ou leur tenant compagnie. Cependant il existe certaines espèces qui sont toujours considérées comme « les méchants ». A quoi est due cette mauvaise réputation ? Et surtout, est-elle vraiment méritée ?













La hyène

Les hyènes nous effraient depuis notre petite enfance, principalement parce qu’elles sont les alliées de Scar dans Le Roi Lion. Elles sont vues comme méchantes, bêtes et sales. Leur aspect peu engageant et leur goût pour les charognes n’a pas arrangé leur image. Mais que savons-nous réellement de ces animaux ?

Seul mammifère capable de se nourrir en croquant des os, la hyène est un précieux éboueur. C’est aussi un grand chasseur et un animal original par son organisation sociale, où dominent les femelles.

La hyène tachetée, la plus grande et la plus connue des hyénidés, est un charognard aux mâchoires surpuissantes : trois tonnes de pression au cm2 ! A comparer avec les 150 kg au cm2 du loup. En mangeant les dépouilles des animaux morts, elle assure un fabuleux nettoyage et évite la propagation de multiples maladies. Son extraordinaire capacité à se nourrir d’os, de fèces et de peau en fait l’un des plus grands recycleurs de matière organique. C’est dire l’importance de son rôle dans l’écologie (Kruuk, 1972).

Des chercheurs leurs ont découvert une intelligence hors du commun. Les hyènes tachetées savent identifier à l’oreille chacune de leur congénère. L’organisation sociale des clans, extrêmement complexe, est bien plus proche de celle des primates que de celle des lions. Un clan peut compter jusqu’à quatre-vingt individus et respecte une hiérarchie sociale stricte, dirigée par les femelles et dans laquelle chaque individu connaît la place de chacun (Hofer & East, 1995).

On a longtemps cru que les hyènes attendaient que les lions soient repus pour venir voler leurs proies. Il s’est avéré que les hyènes tachetées chassaient elles-mêmes. Mais, dès que leurs cris signalaient à leurs congénères que leur poursuite avait été fructueuse, les lions s’approchaient pour les déloger et s’approprier leur festin.

Le vautour

Les vautours sont associés à l’attente morbide de la mort de leur proie. On les retrouve régulièrement dans les dessins-animés tel que Blanche-neige ou Robin des bois ainsi que dans les bandes dessinées comme par exemple Lucky Luke.

Cependant, en tant qu’oiseaux nécrophages, ils n’interviennent que sur des animaux immobiles donc des animaux morts ou mourants. Leur morphologie et leur comportement ne leur permettent pas de tuer un animal en bonne santé ni en pleine possession de ses moyens comme le ferait un prédateur.

Le rôle écologique de ces grands rapaces est très important. En nettoyant les carcasses, ils peuvent éviter la transmission de maladies épidémiques, empêcher la puanteur des corps en putréfaction, ou consommer les ordures ménagères. Il participe activement à l’élimination naturelle et rapide des cadavres de gros animaux, aussi bien sauvages dans les régions peu habitées par l’homme que d’élevage, tels que les moutons ou les vaches (Eliotout, 2007).

Les différentes espèces de vautours ne s’attaquent pas toutes aux mêmes parties des charognes. Certains se nourriront de viscères et de muscles, morceaux les plus tendre de la carcasse, c’est le cas notamment du vautour fauve. D’autres, comme le vautour moine, préféreront la peau, les tendons ou le cartilage, soit tous les morceaux plus résistant. Et pour finir certains se contenteront des morceaux restant, c’est le cas, par exemple, du vautour percnoptère (Génsbol, 2014).

Le corbeau

Les corbeaux ont longtemps été considérés comme des oiseaux de mauvais augure et qui annoncent la mort, en partie à cause de la symbolique négative de leur plumage entièrement noir et du fait qu’ils se nourrissent de charogne. Dans les dessins-animés, on les retrouve souvent comme l’animal de compagnie du « vilain », c’est notamment le cas dans La Belle au bois dormant ou Blanche-neige.

Les corbeaux sont en fait des animaux assez remarquables. Tout comme les faucons ou les éperviers, ils sont très agiles en vol et sont capable de faire de nombreuse acrobaties, notamment durant les périodes de reproduction. Des expériences ont montré qu’ils ont la capacité de résoudre des problèmes. Ils sont également doués en imitation et très perspicace. En effet, une étude a permis de découvrir que pendant la saison de la chasse, le bruit d’un coup de feu attire les corbeaux, qui cherchent alors une carcasse potentielle. En revanche, ils ne tiendront pas compte de sons tout aussi fort mais inoffensif, tel qu’un claquement de portière de voiture (Boarman & Heinrich, 1999).

Les corbeaux aiment beaucoup jouer et sont considérés comme l’espèce d’oiseaux la plus joueuse. Ils ont été observés en train de glisser sur la neige, en apparence purement pour le plaisir. Ils se livrent même à des jeux avec d’autres espèces comme les loups, les loutres ou même les chiens. De plus, ils font partie des rares animaux sauvages capable de créer leurs propres jouets.


La chauve-souris

Les chauves-souris que l’on retrouve dans des dessins-animés tel que Basil détective privé ou Anastasia sont souvent considérées comme suceurs de sang et porteuses de maladies. Dans la culture européenne, les chauves-souris ont longtemps été associées à la sorcellerie, la magie noire et l’obscurité.

Pourtant, peu de chauve-souris sont carnivores, la plupart se nourrissent d’insectes nuisibles, d’autres peuvent également aider dans la pollinisation. En effet les chauves-souris jouent un rôle crucial dans le cycle de vie de nombreuses plantes, en particulier dans les régions tropicales. Elles sont d’ailleurs considérées comme une espèce clef de voûte. Certaines chauves-souris pollinisent les plantes, en passant d’une fleur à l’autre à la recherche de nectar. D’autres mangent des fruits mûrs, répandant ainsi les graines lors de la défécation (Bradford, 2014).

De plus elles sont très étudiées par les scientifiques pour étendre notre compréhension de vol, du son et des sonars. Même le guano est une ressource importante et un très bon engrais.

Moins d’un pour cent de toutes les chauves-souris ont potentiellement la rage. Une chauve-souris contracte la rage par contact avec un autre organisme qui est atteint de la rage. Une fois infecté, la chauve-souris va mourir qu’elle transmette ou non le virus.

Le rat

Les rats sont considérés comme des animaux parasites, sales, vicieux, qui volent de la nourriture et propagent des maladies. Dans les livres ou les dessins animés, ils sont souvent représentés en noir avec des yeux rouges, ce qui leur donnent une apparence bien plus effrayante que ce qu’ils sont réellement. C’est le cas par exemple du rat de La Belle et le clochard. On peut également le retrouver dans Basil détective privé.

Au fil des ans, les rats ont été utilisés dans de nombreuses études expérimentales, et ont permis d’améliorer notre compréhension de la génétique, de certaines maladies et des effets de médicaments. Les rats de laboratoire se sont également révélés précieux dans les études psychologiques de l’apprentissage et d’autres processus mentaux (Pour et al., 1991).

Une étude effectuée en 2011 a montré que les rats sont activement prosocial. Ils ont un comportement altruiste envers d’autres rats dans les expériences, libérant des congénères des cages ou partageant de la nourriture. Les rats ont aussi un sens aigu de l’odorat et sont faciles à former. Ces caractéristiques ont été utilisées, par exemple, par l’organisation non gouvernementale belge APOPO, qui forme des rats pour détecter les mines terrestres et diagnostiquer la tuberculose par l’odorat (Le figaro).

Le loup

Le grand méchant loup est l’animal de prédilection choisit pour effrayer les enfants. On le retrouve, plus ou moins effrayant, dans les contes, les bandes dessinées et de nombreux dessins animés comme La Belle et la bête, La Reine des neiges, Merlin l’enchanteur, Les Trois petits cochons, Robin des bois ou encore Pierre et le loup.
Les loups et les humains ont une longue histoire de confrontation. Bien qu’ils n’attaquent presque jamais l’homme, les loups sont considérés comme l’un des méchants naturels les plus redoutables du monde animal.

Le loup est un carnivore opportuniste, qui s’adapte facilement et qui est donc capable de vivre à proximité de la population humaine. Il est le seul ancêtre du chien et a été domestiqué la première fois en Europe par des chasseurs-cueilleurs (Férus).

Les loups chassent habituellement en meute et sont en mesure d’abattre les animaux qui sont beaucoup plus grands et plus forts qu’eux tel que le cerf, l’orignal ou l’élan. Cependant il lui arrive également de se nourrir d’animaux plus petits comme le castor, le lièvre et autres petits rongeurs (National Geographic).

Aujourd’hui encore, la problématique du loup reste un sujet sensible, notamment en France depuis son retour naturel d’Italie.

Conclusion

Ces animaux ont hérité d’une mauvaise réputation tout d’abord à cause de contes et légendes ancestraux puis à cause de livres ou de dessins animés. Cependant, nous ne connaissons finalement que peu de choses de ces espèces et en nous y penchant d’un peu plus près, nous pouvons constater qu’elles sont bien plus intéressantes qu’il n’y parait. Et surtout qu’elles ne méritent pas leur réputation. Il est donc temps de changer de point de vue et pourquoi pas, de montrer à notre entourage qu’il peut en faire autant.

Sources

Boarman, William I. & Bernd Heinrich, 1999. Common Raven (Corvus corax). In The Birds of North America, 476.

Bradford Alina, 2014. Facts About Bats. Live Science Contributor.

Eliotout Bertrant, 2007. Le vautour fauve. Delachaux et Niestle, 192 pages.

Génsbol Benny, 2014. Guide des rapaces diurnes Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient. Delachaux et Niestle (4e édition).

Hofer H. & East, M.L., 1995. Population dynamics, population size, and the commuting system of Serengeti spotted hyaenas. Dynamics, Conservation, and Management of an Ecosystem. 332-363.

Kruuk, H. 1972. The Spotted Hyena : A Study of Predation and Social Behavior. Chicago : University of Chicago Press.

Pour, PM ; Groot, K ; Kazakoff, K ; Anderson, K ; Schally, AV, 1991. Effects of high-fat diet on the patterns of prostatic cancer induced in rats by N-nitrosobis (2-oxopropyl) amine and testosterone. Cancer. 51(18) : 4757-61.

Sites internet :

Férus : http://www.ferus.fr/loup/le-loup-bi...

Le figaro : http://sante.lefigaro.fr/actualite/...

National Géographique : http://www.nationalgeographic.com/a...

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