Jusqu'où restaurer l'ecosystème alpin ? - Gilles RAYE

Mots-clés : Reforestation, Alpes, Réintroductions, Gestion, Faune Voir descriptif détaillé

Jusqu'où restaurer l'ecosystème alpin ? - Gilles RAYE

Mots-clés : Reforestation, Alpes, Réintroductions, Gestion, Faune Voir descriptif détaillé

Par Gilles RAYE, Agrégé de biologie, Vice-président du CORA Faune Sauvage (Rhône-Alpes)

THÈME 1 – « Actions de réintroduction »

Résumé

L’écosystème alpin ou plutôt les écosystèmes alpins ont subi depuis le milieu du 19e siècle une série de transformations importantes : exode rural, isolement des massifs par l’urbanisation, abandon des cultures et des pâturages, retour de la forêt sur de grandes surfaces, retour d’une partie de la grande faune (ongulés, prédateurs), régression d’une partie de la petite, réintroduction d’espèces dont les effectifs et/ou le potentiel colonisateur ne permettaient pas le retour naturel (vautours, bouquetins…). Certains regrettent la raréfaction des milieux ouverts et considèrent le pastoralisme comme le meilleur outil de gestion des espaces naturels. Pourtant, il existe une alternative, complémentaire à la précédente, consistant à réintroduire les espèces naturellement présentes dans un passé récent et dont on ne peut espérer un retour naturel. La plupart sont des espèces au statut de conservation préoccupant (Grand-Tétras, Ours, Bison…). Leur retour dans l’écosystème alpin améliorerait l’état de leur population et pourrait être une manière nouvelle d’appréhender la gestion des milieux. En ce début du 21e siècle, les gestionnaires des espaces doivent-ils se satisfaire de l’état actuel de l’écosystème et assumer parfois les coûts de gestion exorbitants ou aller jusqu’au bout du processus de restauration et laisser la nature, dans de nombreux sites, en « autogestion » ?

Présentation orale

Diaporama

Afin de comprendre un peu mieux mon raisonnement, sachez que je me positionne à l’interface de 4 mondes : le monde de la recherche, le monde associatif, le monde des élus et celui de l’enseignement.
D’un point de vue politique, la biodiversité représente d’abord des services rendus. En effet, les élus « se moquent » des papillons, des chauves-souris, etc.… mais ils sont beaucoup plus à l’écoute quand on leur parle de « services rendus ».

Voici une vieille carte postale (diapo 2) d’il y a à peu près 70 ans (années 30/40), avec un milieu très dégradé et sur la droite de la diapo, un boisement de pins noirs d’Autriche, planté dans les années 1880/1900 par les forestiers de l’époque pour lutter contre l’érosion. Après un saut temporel de quelques dizaines d’années plus tard, on se retrouve en 1990. Sur ce même pan de montagnes apparait visiblement un retour de la forêt, passant d’un système très modifié par l’homme à un système plus naturel. Il y a des pins sylvestres qui sont natifs, des hêtres qui commencent à régénérer, et tout un écosystème qui se met en place. C’est de là que part une problématique de gestion.

Pourquoi a-t-on eu ce retour d’un écosystème plus naturel ?
Parce que nous avons eu une perte humaine durant 150 ans. Pendant les 100 premières années de l’exode rural (1850/1950) les villages de nos montagnes ont perdu 10 fois, 20 fois, 30 fois leurs habitants, aboutissant à une densité humaine très faible. Dans la région que je vous ai montrée, cette densité représente 3 habitants/km2 alors qu’il y a 150 ans, c’était 30 ou 40 habitants/km2. Et toutes ces personnes avaient du bétail (chèvres, moutons,...) donc avaient un impact très fort sur le milieu.

Avant cet exode, pendant des centaines d’années, l’Homme va provoquer des dégâts co-latéraux sur la biodiversité :
- Conséquences : perte des bisons (entre le 14e et le 15e siècle), de l’élan, du bouquetin (entre le 16e et le 19e siècle), des vautours (19e/20e), du loup (1930), de l’ours (1937) [le dernier vu : 1941 - dernières traces ds les Abruzzes], du tarpan.

Exemple de l’ours : entre 1840 et 1900, ils occupent encore le Vercors, la Chartreuse, Belledonne, les Vosges… C’est encore une population organisée en méta-population à l’époque.
Cette dégradation de la biodiversité est présente sur terre depuis que l’Homme est présent. Mais le problème actuel, c’est le fait que l’Homme la dégrade actuellement à une vitesse grand V… !

Certes l’ours blanc, le bouquetin, c’est intéressant… mais sur le long terme, la biodiversité se reconstituera. Ce qu’il est important de montrer, c’est que c’est NOUS qui sommes en danger en tant qu’Hommes ! Les services rendus par la nature, c’est vis-à-vis de l’Homme que nous les avons placés.
Cependant, nous nous posons nous-mêmes des problèmes :
Dans les milieux ouverts dont nous avons parlé précédemment, nous trouvons des espèces qui sont en danger aujourd’hui, alors qu’elles étaient communes il y a 50 ans.
Mais aujourd’hui dans un milieu forestier, il y a d’autres espèces telles que le pic noir et le petit duc, qui n’étaient pas présentes à ce même endroit il y a 50 ans.
Si l’on regarde aujourd’hui le statut des espèces présentes il y a 50 ans, elles sont pour beaucoup en danger critique, ou en danger tout court. On a donc tendance à vouloir les protéger.
Puis si l’on regarde 4 espèces qui sont aujourd’hui communes : le chamois, le petit duc, le pic noir et l’orchidée, quel aurait pu être leur statut il y a un siècle ?
• Pic noir : en danger
• Chamois :en danger critique
• Orchidée :en danger
• Pic Noir : en danger critique (parce que plus de hêtraies)
Donc le statut de conservation est un état, mais ça ne nous indique pas la marche à suivre !

Si l’on prend l’exemple de la répartition de la pie grièche grise et de la pie grièche méridionale, nous remarquons que l’espèce en danger critique dans les Alpes ne l’est pas en Espagne ni au Maghreb/Mauritanie/Égypte. Il faut donc relativiser la perte de biodiversité !
Nous avons plus souvent une vision locale alors qu’il faudrait toujours avoir la bonne échelle : bonne échelle de population viable, bonne échelle de temps, bonne échelle d’espaces, tout ceci sur l’aire de répartition d’une espèce.
Donc je préfère dire, dans le contexte alpin, que la biodiversité change plutôt que de dire qu’elle disparait.

Ce changement, nous pouvons le voir à travers une restauration naturelle (résilience à court terme) :

La biodiversité, c’est :
• Les Bauges (réserve créée en 1955)
• Le Parc National de la Vanoise(1963)
• Le PN des Écrins (1973)
• Le PN du Mercantour (1979)

A partir de ces zones, il va y avoir essaimage des populations ; on va restaurer ainsi de manière naturelle les sangliers, les chamois, les chevreuils,...
Puis il y a la restauration accélérée, c’est-à-dire que l’Homme va prendre en charge le processus de restauration naturelle.
Un bouquetin ne peut pas faire 500 kms en 10, 20, ou 50 ans, on va donc accélérer le processus en le déplaçant, ce qui se serait fait de toute façon sur le très long terme, et ceci pour les cervidés, le castor, le bouquetin.
Par exemple, au début des années 60, il y a eut recolonisation du bouquetin, à partir d’une population naturelle, jusqu’à récemment en Chartreuse, et le bouquetin est accepté socialement maintenant.
Même programme pour les vautours fauves en 1996, et en 2004 pour les vautours moines. Le percnoptère, lui, est revenu naturellement.
Quant au gypaète barbu, depuis 1987 un programme de restauration est en cours. Il a été réintroduit dans le Vercors, puis maintenant des corridors écologiques sont mis en place afin de faciliter sa « restauration naturelle ». Et cela ne pose aucun problème pour cette espèce qui est considérée comme prestigieuse !
Mais pour d’autres espèces, comme le loup par exemple qui fait son retour depuis l’Italie, il y a clairement un problème d’acceptation sociale.
Le monde scientifique comprend bien que le loup est revenu naturellement, le monde des élus a du mal à le comprendre et du point de vue du monde des éleveurs, c’est encore autre chose.
Pourquoi le loup est-il revenu ?
Parce qu’il y avait des cerfs….
Pourquoi le lynx est-il revenu ? (depuis la Suisse) parce qu’il y avait de quoi manger … Tout est question de nourriture !

On a restauré en grande partie l’écosystème, et en résumé, on peut dire que le retour des forêts, c’est le retour des ongulés et des grands prédateurs, et que la régression des milieux ouverts, c’est la régression de la petite faune. Si on ajoute à cela un peu de fragmentation = autoroutes, villes, urbanisation alors on a un changement de biodiversité !

Percevons-nous bien ce changement ?
La partie émergée de l’iceberg, c’est notre perception de la biodiversité : elle est surtout axée sur les vertébrés et sur quelques groupes d’invertébrés... et c’est tout !
Et le reste, plus précisément la partie immergée, comment évolue-t-elle ?
On ne sait pas...! On estime la biodiversité à 10/20/30 milliards d’espèces et nous n’en connaissons seulement 1,7 million.

Quand on regarde les modifications de biodiversité, on ne voit que quelques indicateurs : ce sont des espèces-parapluie.
A partir de ce constat, je me suis posé les questions suivantes :
Est-ce que la gestion que l’on fait est adaptée à l’ensemble de la biodiversité ?
Est-ce que, lorsqu’on mène une action de gestion de milieu naturel, on ne favoriserait pas quelques espèces-phares, comme par exemple le tétras-lyre, au détriment de tout un tas d’autres espèces ?

L’habitat à tétras-lyre (petit tétras) est composé de myrtillers et de prairies. Cette espèce vit sur les coteaux entre la forêt alpine et les alpages, et ceux-ci sont actuellement des anthroposystèmes à résilience forte.
Ils ont été très légèrement dégradés et ils ont une telle résilience qu’ils vont revenir à l’état naturel.
On va donc revenir à un état normal, c’est-à-dire à une remontée de la forêt jusqu’à 2000/2200m.
Évidemment on entend « c’est dramatique parce que le tétras-lyre va disparaître ! »

Si l’on regarde son habitat naturel dans les Alpes, celui en Suède, et celui dans le Vercors, on se rend compte qu’il s’agit d’un habitat de substitution, semi-ouvert, artificiel, et que cet habitat risque de disparaître en raison de l’exode rural.
Si la forêt remonte, tous les habitats favorables au tétras-lyre en Chartreuse, Bauges, Vercors, Baronnies, disparaissent.
Mais le tétras-lyre reste présent dans la partie interne des Alpes, il ne disparait pas, il régresse, ce qui est différent !
On note une perte d’effectifs sur 4 secteurs géographiques, il n’y a que dans les Alpes du sud que l’effectif du tétras augmente un peu.

Voilà ce qu’il peut se passer : nous sommes à 1800 m d’altitude qui correspond à la zone de combat, puis la forêt recolonise jusqu’à 2200 m, donc la zone de combat augmente, et le tétras « remonte ».
Pour moi, ce n’est pas dramatique, je sais bien que les chasseurs voudraient continuer à tirer le tétras-lyre, mais d’un point de vue biologique, il n’y a pas de problème.
Voici dans le Vercors une pessière avec sous-bois dense, ces forêts qui permettaient avant au petit tétras d’exister en bonne forme et qui aujourd’hui recolonisent et deviennent des milieux plus fermés... Elles sont aujourd’hui plus favorables à la Gélinotte.
On va avoir maintenant des milliers d’hectares de forêts qui vont vieillir, avec des troncs couchés, avec une structure extrêmement diversifiée, profitons-en pour réintroduire le grand Tétras !
Mais NON ! nous nous acharnons à vouloir conserver le petit Tétras !

Donc c’est une question fondamentale de gestion, puisque si l’on veut maintenir des milieux ouverts (avec des petits tétras) cela va coûter très très cher, environ 3000 euros l’hectare, et au regard de la situation économique actuelle, il est peu probable qu’on investisse des milliards dans les années à venir pour maintenir des milieux exploités.
Donc si on veut être raisonnable, vu que l’argent est rare, il faudra changer de stratégie.

Déjà, il faut éviter un certain nombre d’erreurs, comme dire que la forêt est un milieu homogène… c’est faux !
Il faut cesser de dire que les espèces disparaissent à l’échelle alpine (et non globale), elles régressent juste... !
Éviter de dire que la partie émergée de l’iceberg, ce que l’on voit, c’est la biodiversité… Ce n’est qu’une partie, mais en aucun cas toute la biodiversité !
Éviter de dire que toute action d’ouverture d’un milieu, c’est LA biodiversité... Non, ce n’est pas de la biodiversité !

QUE FAIT-ON ?
Outil d’aide à la décision :
Si l’outil traditionnel (forestiers, éleveurs, petite agriculture) est absent, et qu’on a des systèmes à résilience forte (=la forêt qui revient) et bien, laissons faire ! Cela coûtera moins cher, et en terme de biodiversité ce sera beaucoup mieux. Et ce sera encore mieux si l’on va jusqu’à la restauration totale.
Par exemple, dans les Alpes du sud, une forêt qui ne rapporte rien car elle est difficilement exploitable, alors mieux vaut la laisser vieillir.
Dans les forêts primaires de Roumanie, des zones sont ouvertes naturellement et sont donc très diversifiée (troncs couchés, arbres à cavités). On y retrouve ainsi toute une panoplie de milieux très intéressants.

Qu’y a-t-il dans ces forêts et que l’on a plus dans les nôtres ?
Des ours par exemple !

Un projet de réintroduction d’ours mené dans les Alpes italiennes a permis de voir doubler la population, 10 ans après les lâchés.
Ceci, nous sommes capables de le faire aussi en France, et cela fait partie de la restauration totale de notre écosystème.

Et j’ai un rêve… : Les BISONS d’EUROPE… !
Il y a quelques siècles, l’aire de répartition du bison allait du nord de l’Espagne jusqu’à l’Europe orientale. Ils ont disparu entre le 14e siècle chez nous, et le 20e en Pologne.

Aujourd’hui, il existe en France deux expériences de réintroduction : une sur le causse Méjean, et une dans la réserve des monts d’Azun (semi-liberté)

On peut se poser les questions suivantes :
- Où peut-on mettre des bisons ?
- Combien il en faut ?

=>
• 50 à 70 bisons / 200km2
• une population minimale de 200 à 1000 pour qu’il n’a y ait pas de dérive génétique
=> Il faut donc de 500 à 4000 km2 de surface

Regardons la carte des Alpes : Si on considère les différentes barrières telles que les autoroutes, alors la Chartreuse n’est pas un bon candidat, la surface n’étant pas suffisante. Par contre si l’on vise un endroit vaste, vierge où l’on a des problèmes de gestion, où l’on a une densité humaine faible, où les forêts sont en grande quantité :
- 1er candidat : 10 000 km2 = l’ensemble du Vercors.
- 2e candidat : 20 000 km2 = les Alpes du sud jusqu’au parc du Mercantour.

Thématique nouvelle : Il faut réintroduire du bison dans les Alpes !
- Nous savons qu’il s’agit d’une espèce en danger, il ne reste que 3000 bisons en Europe, ce qui est peu !
- Nous avons des problème de gestion dans ces massifs, or le bison pourrait entretenir ces milieux ! Il broute dans la forêt : c’est gratuit, cela maintient des milieux semi-ouverts, et ainsi cela maintient une diversité biologique énorme.

Réintroduisons ours, tarpans, bisons pour palier aux problèmes de gestion, c’est envisageable ! Mais quand un scientifique dit cela, on le prend pour un fou… !
Aujourd’hui, il y a des gypaètes et des vautours dans les Alpes. Or il y a 20 ans, il n’y en avait pas...
Dans les années 70, il y a des gens comme Monsieur Faure qui ont eu l’idée de restaurer la biodiversité sans stratégie biologique… et ils l’ont fait et ils ont été pris pour fous ! Puis petit à petit, on a vu l’aspect positif, cela attirait les gens, cela rapportait des devises (tourisme)...
Dans 20 ans, on mettra des bisons pour gérer les milieux, ça ne coûtera pas cher et on fera de la biodiversité !

Questions et débats

TEXTE à remanier

QUESTIONS
Echelle de temps :Comment peut-on avoir les données du passé quand on remonte à un siècle ?Est-ce que ces données sont fiables par rapport à maintenant ?(notamment grâce aux techniques dont on dispose maintenant pour le suivi animal) ?Quelle référence-temps prend-t –on pour restaurer , changer , revenir ou évoluer dans un éco-système ou un autre ?
Réponses
On dispose de bcq de données pour la France (les Alpes notamment) pour toute la période préhistorique et depuis un siècle ; entre les 2 :RIEN :le vide.
Ex : La 1re ascension du Mont-Aiguille) en 1492 ,les alpinistes l’ont décrit comme une paroi verticale ,et ils ont vu des chamois , selon eux !Mais au vue de l’état des connaissances naturalistes de l’époque , il devait s’agir de bouquetins , pas de chamois, car on ne voit pas les chamois montés ds les falaises, donc ce sont ce genre de données ,qui nous dit qu’il y avait au 14e 15e siècle encore des bouquetins dans les ???(à réécouter).
A l’étranger , par contre , il y a eu des traditions de descriptions, notamment en Europe de l’est, par des naturalistes , des chasseurs…
Auj.on a des forêts(sapinières,hêtraie)qui ressemblent à ce que l’on a en Pologne,Roumanie, Hongrie…et on se dit : voilà ,ds ces forêts,il y a encore une dizaine d’années , on a des tarpans, des bisons, des cigognes noires, …et nous , on n’a rien !il ns manque des choses…donc ces choses , il est très probable que ce soit les mêmes…
Aussi ,en écologie, tu te dis , voilà , j’ai une population de chevreuils et cette population de chevreuils, tu peux considérer qu’il y a une auto-régulation, parce que le premier compétiteur d’un chevreuil ,c’est le chevreuil d’à côté, donc on peut considérer qu’il y a compétition, mais on peut considérer aussi qu’il est tt à fait normal qu’il y ait un prédateur et s’il te manque le prédateur dans le milieu, c’est qu’il te manque q.chose…
Depuis quelque temps ,je me pose la question : quel est le prédateur du bouquetin ?on n’a pas de prédateur du bouquetin…le loup n’est pas un prédateur du bouquetin. Quel peut être le prédateur ?
Au début de l’ère chrétienne, le lion existait dans les Balkans, en Grèce et en Anatolie : c’était le même climat qu’aujourd’hui..donc on avait un super prédateur…
Donc aujourd’hui,il nous manque dans les forêts des perturbateurs (qui ne sont pas représentés par les chevreuils , bouquetins etc, chamois..),
Il nous manque les gros perturbateurs tels que chevaux, bisons, élans (bienque pas favorables ds les Alpes)
La question du temps :
On se pose un pb de gestion :la démarche que j’ai = une démarche ,en partie d’élu : tt ce que l’on fait actuellement dans l’environnement coûte cher
Restauration des zônes humides, par ex.,restauration des prairies à orchidées..
S’il n’y a pas de pastoralisme, pourquoi maintenir des prairies sèches ??
Des prairies sèches sur 2HA , c’est beau ,mais à l’échelle des Alpes, on ne pourra pas les maintenir partout !sauf si on a l’outil traditionnel(moutons..)
Puisqu’on veut de la biodiversité, envisageons autre chose…on sème des « graines »…lent processus , on met des tarpans…
Auj., on commence à envisager la restauration des populations de grand tetras ds les Alpes…peut-êtr eds 20/30 ans… !

Autre question : comment concilier le pouvoir productif de l’agriculture et les forêts ?....(mme Suisse)
L’approvisionnement : comment ??
L’agriculteur ,ds ces zônes-là(les Alpes) qui st des zônes de faible production, n’est qu’un vecteur pour que McCormick , John Deere etc vendent leurs machines…on alimente les agriculteurs par des subventions et ils servent de marchés pour MCCormick , John Deere etc… mais leur rôle en tant que producteur d’alimentation est très faible…ceux qui produisent l’alimentation , ce ne sont pas eux.
Le paysage écologique = un ensemble d’éco-systèmes
Qu’on ait un champ ouvert avec orchidées et qu’un troupeau vienne brouter : pas de pb !
Mais ce qui pose pb, c’est le jour où il y a davantages de troupeaux..c’est le cas ds les Alpes du sud.
De 14 Millions d’ovins en France , on est passé à 8 millions d’ovins
Si vous n’avez plus de moutons dans un espace , y a plus de production agricole …qu’est-ce que vs faîtes ? c’est çà le pb. !
Par ex : 3000,00euros /hect.pour maintenir le tétrs –lyre, qui va payer ? vous ?
Ds ces milieux où il n’y a plus l’outil traditionnel, est-ce qu’on laisse faire la nature, est-ce que l’on paie pour maintenir un paysage ouvert ? c’est çà la question de gestion
Si on a l’outil traditionnel , on a réglé le pb !
Mais il existe des dizaines de milliers d’hectares sans agriculture traditionnelle..qu’est-ce que l’on fait ?.
Si vs voulez maintenir des milieux semi-ouverts et que vs voulez de la perturbation ,mettons du bison, du tarpan ,de l’auroque, et çà ne sera pas préjudiciable pour l’environnement.
J’irai même jusqu’au bout : à un moment donné, il peut y avoir une interférence entre le bison et les activités en périphérie des zônes de réintroduction :dc la chasse peut être un outil de gestion.

Autre question :la réintroduction d’espèces telles que loups , ours … :quel impact sur l’écosystème ?
Pour le loup , on ne parle pas de réintroduction , mais de retour naturel ,
Qd il a disparu vers 1930 , plus d’ongulés , puis les ongulés st revenus , dc perturbation ds l’éco-système.
Etude sur Yellowstone , aux Etats –Unis : avant et après le retour du loup.
On constate après le retour du loup, que le castor revient … :Pourquoi ? , parce que les cerfs broutaient les saules en bordure de rivière …
Le loup arrive , déménage tt çà , disperse, ventile et on crée ainsi une perturbation ds les troupeaux de wapiti , donc moins d’impact sur saules et le castor revient , retrouve nourriture /habitat etc…
Donc il vaut mieux des prédateurs que PAS de PREDATEURS !!
Les chasseurs chassent 6 mois ds l’année , alors que le loup chasse tt le temps…
Sur l’ours : pas un prédateur…l’ours n’a pas l’impact d’une meute de loup sur les moutons…
La perturbation humaine est bien pire ……………..

Bibliographie

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