Faisabilité et stratégies de réintroduction des canidés : l'exemple (...)

Mots-clés : Canis lupus, Réintroduction, Canidés, Comportement, Habitat. Voir descriptif détaillé

Faisabilité et stratégies de réintroduction des canidés : l'exemple (...)

Mots-clés : Canis lupus, Réintroduction, Canidés, Comportement, Habitat. Voir descriptif détaillé

Par Laetitia BECKER, Doctorante en biologie, Département Ecologie, Physiologie et Ethologie - Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien, UMR7178 CNRS-UdS, Université de Strasbourg

[Co-auteurs : André ANCEL*, Vladimir V. BOLOGOV*
*Département Ecologie, Physiologie et Ethologie, Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien, UMR7178 CNRS-UdS, 23 rue Becquerel, 67087 Strasbourg Cedex 02, France.
**Réserve Naturelle d’Etat de Forêt Centrale, Zapovednoye, 172513, Nelidovsky raion, Tverskaya oblast, Fédération de Russie.

THÈME 1 – « Actions de réintroduction »

Résumé

La réintroduction d’animaux dans la nature, avec pour but ultime le renforcement des populations, est devenu un sujet attrayant en biologie de la conservation. La technique a été utilisée avec succès pour établir de nouvelles populations de canidés en danger tels que le loup rouge (Canis rufus) (Moore & Smith 1991), le renard véloce (Vulpes velox) (Carbyn et al. 1991) ou encore le lycaon (Lycaon pictus) (Gusset et al. 2006). Mais la réintroduction est un travail de longue haleine et demande de solides préparatifs.

En nous basant sur le programme de réintroduction de loups gris (Canis lupus) effectué à la Station Biologique « Chisty Les » (Toropestky raion, Tverskaya oblast, Fédération de Russie) depuis 1993, nous avons dressé les principales questions à prendre en considération.
Outre les problèmes logistiques (coût, organisation, transport, enclos), il faut évaluer la position de la population locale, vérifier que l’habitat est approprié, sélectionner les individus à relâcher, assurer le suivi des animaux réintroduits et définir les critères de succès. Nous retraçons ces étapes, appliquées au relâcher de près de 50 loups, dont 6 équipés de collier GPS-Argos, entre 1993 et 2010 en Russie centrale.

Présentation orale

Diaporama

Introduction

Le nombre d’espèces en danger ou en voie d’extinction sur la planète est en augmentation. La communauté scientifique et le monde associatif sont les premiers à en avoir pris conscience et à avoir mis en place des programmes d’aide ou de sauvegarde. Par exemple, réintroduction et translocation permettent d’enrayer les diminutions de populations.

L’International Union for Conservation of Nature (IUCN) définit la réintroduction comme « la tentative d’établir une espèce dans une partie de ce qui a été son aire de répartition historique, et d’où elle avait été éliminée ou s’était éteinte » (IUCN 1995). La translocation est « le mouvement délibéré d’individus sauvages d’une partie de leur aire de répartition vers une autre » (IUCN 1995).

Nous nous concentrons ici sur la réintroduction, sachant que réintroduction et translocation sont souvent confrontées aux mêmes types de problèmes.

Les objectifs de tels programmes sont divers :
- accroître les chances de survie à long terme de l’espèce
- ré-établir une espèce clé (au sens écologique ou culturel)
- augmenter ou maintenir la biodiversité
- apporter des bienfaits économiques à long terme à la population locale
(IUCN 1995).

En ce qui concerne les canidés, d’après le groupe de spécialistes de l’IUCN (IUCN/SSC Canid Specialist Group), sur les 36 taxa que comptent les canidés :
- 3 sont en danger critique
- 3 sont en danger
- 3 sont vulnérables
- 1 est menacé
- 20 sont moins concernés
- 6 ont un statut inconnu par manque d’information.

L’une des principales menaces est la perte ou la dégradation d’habitats qui est à l’origine de la fragmentation des populations et à terme, de leur extinction. Les conflits avec l’homme ont également été à l’origine de campagnes d’extermination de nombreux canidés à travers le monde.

Voici quelques exemples de canidés en danger, les raisons et les programmes d’aide qui existent :

- Canis lupus baileyi, le loup du Mexique. Sous-espèce du loup gris, sa répartition allait du sud-ouest des Etats-Unis au Mexique. Le conflit avec les agriculteurs et le système de récompense entraînèrent l’éradication du loup dans les années 1970. Un plan de conservation fut mis en place, incluant un programme de reproduction en captivité et un programme de réintroduction. Les premiers relâchés ont eu lieu en 1998, utilisant diverses méthodes (Huet 2005).

- Canis rufus, le loup rouge. Il vivait autrefois dans une grande-partie du sud-est des Etats-Unis, mais l’espèce s’est presque éteinte dans la nature au début des années 1980, en raison de sa chasse. Dès 1973, des scientifiques capturent les derniers loups rouges sauvages pour constituer une population captive. En 1987, une première réintroduction a lieu en Caroline du Nord, où 4 couples sont relâchés. En 1991, un programme de réintroduction est lancé dans le Tennessee, mais le programme est suspendu en raison des conflits avec chasseurs et agriculteurs (Moore & Smith 1991).

- Canis simensis, le loup d’Abyssinie. Il ne vit qu’en Ethiopie, où il s’est parfaitement adapté aux hauts plateaux (3000-4000m d’altitude). Traqué, victime de maladies (comme la rage transmise par les chiens domestiques), il n’en resterait plus que 500. Durant l’hiver 2003-2004, une épidémie de rage a tué 13% de la population. Malgré un programme de protection et de reproduction en zoo, l’espèce est en voie d’extinction (Huet 2005).

- Chrysocyon brachyurus, le loup à crinière. Il vit en Amérique du Sud, dans les cerrados (zones de savane aux hautes herbes). Ils ne seraient plus que 2000 à l’état sauvage. Les menaces sont diverses : collisions, maladies, braconnage. Et le plus grave danger qui le menace est la disparition des cerrados, transformés peu à peu en zone agricoles (Huet 2005).

- Lycaon pictus, le lycaon. Depuis 30 ans, les lycaons ont disparu de 19 pays africains sur les 37 où ils étaient présents. Comme autrefois le loup en Europe, le lycaon est chassé car accusé de s’attaquer au bétail et d’être un concurrent du gros gibier. Il est également victime des maladies transmises par les chiens, et de la perte considérable d’habitat. Plusieurs mesures comme le maintien d’espaces naturels et le relâcher d’individus ont été mis en place (Gusset et al. 2006).

- Vulpes velox, le renard véloce. Il était largement distribué en Amérique du Nord, mais on enregistre un déclin de la population dès le 19e siècle, dû à l’arrivée des colons dans les Grandes Plaines (perte d’habitat, campagne d’extermination des prédateurs), à laquelle s’ajoute la compétition avec les autres carnivores. Il est classé ‘éteint’ au Canada en 1978. Des programmes de réintroduction ont eu lieu et le renard véloce a été déclassé ‘en danger’ en 1998 (Carbyn et al. 1994, Bremner-Harrison & Cypher 2007).

Rétablir une espèce en danger en réintroduisant des individus nés en captivité est une approche attrayante mais difficile à mettre en place. Wemmer & Derrickson (1987) ont relevé que seuls 4 ou 5 tentatives de réintroduction faites à partir d’animaux élevés en captivité ont abouti à l’établissement d’une population stable.

Malgré la diversité des espèces avec lesquelles on a tenté des réintroductions (de l’écureuil roux au bison d’Europe, en passant par la loutre et le tamarin lion), les questions à prendre en considération sont communes.

En outre, nous sommes face à un manque de revues bibliographiques concernant les programmes existants. Beck et al. (1994) n’ont pu obtenir des informations sur moins de 50% des projets de réintroduction connus. Pourtant, il serait important de connaître les raisons des succès et échecs des uns et des autres.

Avant de lancer un programme de réintroduction de mammifères, il faut donc de solides préparatifs, clairement évaluer la situation de l’espèce dans la nature, la faisabilité-même des réintroductions et leur impact sur la population locale.

Faisabilité et stratégies

Problèmes communs :

Quelle que soit l’espèce, les programmes de réintroduction ont des problèmes communs, qu’on peut classer chronologiquement en pré- et post-réintroduction.

Pré-réintroductionPost-réintroduction
Dépenses Sélection des sites
Habitat disponible Organisation et permis
Population source disponible Aspects financiers
Logistique Stratégies de relâcher
Impact sur la population locale Stratégies de suivi
Manque de documentation Critères de succès

A cela s’ajoutent les questions de comportements et de génétique. En effet, le choix des individus qui seront relâchés doit prendre en compte ces critères. Les animaux choisis doivent être génétiquement aussi proches que possible de la population sauvage. Et les animaux doivent présenter des comportements appropriés, en particulier en ce qui concerne les comportements de prédation, de défense contre les prédateurs et d’évitement de l’homme.
En nous basant sur le programme de réintroduction de loups gris (Canis lupus) effectué à la Station Biologique « Chisty Les » (Toropestky raion, Tverskaya oblast, Fédération de Russie) depuis 1993, nous avons dressé les principales questions à prendre en considération. Nous retraçons ces étapes, appliquées au relâcher de près de 50 loups, dont 6 équipés de collier GPS-Argos, entre 1993 et 2010 en Russie centrale.

Pré-réintroduction :

Dépenses :
Le coût est en général le premier facteur limitant d’un programme de réintroduction (Stanley Price 1991). Il est donc nécessaire de trouver un apport de fonds qui couvriront toutes les dépenses logistiques. Celles-ci doivent être estimées au préalable. A la Station Biologique, le nombre de louveteaux reçus au centre chaque année dépend des fonds disponibles et des capacités de détention et de nourrissage. En moyenne, 5,63 loups ont été recueillis par an, un chiffre très inférieur à l’offre (chasseurs, zoos).

Habitat disponible :
La perte d’habitat étant souvent une des causes du déclin de la population que l’on cherche à réintroduire, le manque d’habitat peut également être un facteur limitant. Les territoires appropriés et disponibles peuvent être limités. Pour augmenter les chances de succès, le site de relâché sera protégé et contrôlé. Des études préalables de l’écologie de l’espèce et la modélisation pourront aider à déterminer si un territoire est propice à la réintroduction d’une population et à sa viabilité sur le long-terme. A la Station Biologique, les loups sont relâchés dans une zone protégée, de 35km2 qui leur assure une protection contre les chasseurs les premiers temps.

Population source disponible :
Le déplacement d’animaux pour la translocation ne doit pas mettre en péril la population source, en particulier pour les espèces rares. Les individus sauvages sont souvent préférés aux individus captifs, pour des raisons que nous mentionneront plus loin. A la Station Biologique, les individus proviennent des chasseurs, qui vident les tanières lors de chasse à la tanière, ou de zoos qui ne peuvent garder les portées par manque de place. Nous préférons travailler avec des loups captifs pour ne pas entretenir la chasse à la tanière, même si celle-ci est très ancrée dans la culture cynégétique russe.

Logistique :
La plupart des programmes de réintroduction sont conduits par une collaboration de plusieurs organisations, gouvernementales et non-gouvernementales. Une organisation à plusieurs niveaux peut être bénéfique, à condition que l’équipe de travail reste gérable. Le programme de réintroduction de louveteaux orphelins s’organise en 3 niveaux : la Station Biologique, organisation non commerciale, qui abrite le centre de loups ; l’Institut Severtsov, organisation universitaire, qui fournit des stagiaires et du matériel ; l’Association Lupus Laetus, association à but non lucratif, qui soutient financièrement le programme.

Impact sur la population locale :
La conservation d’animaux dans des zones où les conflits avec l’homme sont possibles, est problématique, en particulier avec les carnivores. Le conflit entre les carnivores et l’homme risque de s’accroître lors d’attaque sur l’homme et de prédation du bétail ou du gibier (Sillero-Zubiri & Laurenson 2001). Il est donc important d’évaluer le sentiment de la population locale à l’encontre de l’espèce, et l’impact du projet sur la communauté. Dans notre cas, nous avouons ne pas avoir consulté la population au préalable. Mais nous profitons de la renommée de la Station Biologique à travers le programme de réintroduction d’oursons orphelins de Valentin Pajetnov.

Manque de documentation :
Dans le domaine des programmes de réintroduction, il y a un vrai manque de documentation, avec des informations disponibles telles que les taux de succès (Beck et al. 1994, Kleiman et al. 1994, Breitenmoser et al. 2001). Dans le cas du loup gris, Canis lupus lupus, seul le travail de Badridze (2003) est disponible. Son expérience avec une centaine de loups élevés, dont 20 relâchés en Géorgie, relate les moments importants du développement à prendre en considération dans la méthode d’élevage.

Post-réintroduction :

Sélection des sites :
L’IUCN (1995) donne des lignes directrices quant au choix du site de relâché. Il faut s’assurer que (1) les besoins liés à l’habitat et au paysage de l’espèce soient satisfaits ; (2) les causes antérieures du déclin aient été recensées et diminuées ; (3) un programme de réhabilitation de l’habitat soit lancé au cas où l’activité humaine a provoqué une dégradation considérable. Dans le cas de relâchés d’individus dans une aire où l’espèce est déjà présente, il ne faudra pas oublier de prendre en compte le facteur social. Deux loups relâchés en 1996 ont été tués par des loups déjà présents sur le territoire. Cela aurait pu être évité en veillant à ce que le site de relâché n’abrite aucune meute de loups.

Organisation et permis :
L’IUCN (1995) recommande d’évaluer la politique relative à la réintroduction et à l’espèce concernée menée par le pays, et de ne lancer un programme qu’avec l’aval et la participation de toutes les institutions gouvernementales concernées. Le cas du programme de réintroduction de louveteaux est un peu différent, car il a été créé justement pour faire face au manque de réglementation censée de la chasse aux loups en Russie. Les biologistes russes demandent le classement du loup en « gibier » depuis les années 1990 (Bibikov 1994).

Aspects financiers :
Les fonds devraient idéalement couvrir tous les aspects du projet sur le long-terme (Stanley-Price 1991). Mais dans la réalité, la plupart des aides et bourses ne sont versées que pour un an. Cette situation est entre autres à l’origine de la création de l’association Lupus Laetus, pour venir en aide au programme de réhabilitation de louveteaux.

Stratégies de relâché :
Les stratégies décidées prennent en compte différents facteurs : entraînement comportemental, technique de relâché, acclimatation, période du relâché (IUCN 1995). Les techniques de relâché varient et peuvent être classées entre (1) le hard release, où les animaux sont pris puis relâchés directement sur le site, sans acclimatation, entraînement, protection ou aide alimentaire ; et (2) le soft release, où les animaux sont placés dans des enclos temporaires sur le site de relâché. La plupart des programmes utilisent une combinaison des 2. Dans notre cas, nous préférons le soft release, pour les loups relâchés à un an. Ils quittent alors leur site d’élevage petit à petit, comme les loups sauvages s’éloignent su territoire parental. Toutefois, notre expérience avec 3 loups relâchés en hard release a montré des résultats intéressants quant à la dispersion beaucoup plus rapide de ces loups (Becker et al. 2010).

Stratégies de suivi :
Un suivi après le relâché est nécessaire pour tous les individus. Cela peut se faire par méthodes directes (marquage, télémétrie) ou indirectes (relevé de traces) (IUCN 1995), pour étudier l’écologie et la démographie du stock relâché, étudier les processus d’adaptation à long-terme, analyser la mortalité, intervenir en cas de besoin. Jusqu’en 2009, le suivi des loups relâchés se faisaient par relevé de traces, en raison du manque de moyens financiers. Mais cette méthode est consommatrice de temps, aléatoire et peu précise. Ainsi, les loups relâchés depuis 2010 sont équipés de collier GPS/Argos. Nous attendons beaucoup de résultats par cette technique.

Critères de succès :
Beck et al. (1994) considèrent un programme de réintroduction réussi si la population sauvage atteint 500 individus. Selon ce critère, seul 11% des programmes recensés dans leur étude sont couronnés de succès. Cependant, tout dépend des critères et des buts que l’on se donne. La réintroduction peut aussi avoir des retombées indirectes. Ainsi, dans notre cas, nous avons définit les critères de succès comme suit : des individus capables de survivre sans le soutien de l’homme, qui ont peur de l’homme et n’attaquent pas le bétail, qui se reproduisent dans le milieu sauvage. De plus, la prise de conscience par la communauté de l’importance du loup dans son écosystème, fait également partie de nos critères de réussite.

Génétique et comportement

Génétique :

L’isolation d’une population est souvent le résultat de fragmentation d’habitat qui restreint le flux de gènes et le maintien de variation génétique (Storfer 1999). L’hybridation avec d’autres espèces peut également menacer une population. Dans certains cas, seule la population captive est disponible pour la réintroduction. Dans tous ces cas, il est crucial de prendre en considération la question génétique. Il est essentiel que les individus relâchés représentent une grande variabilité génétique pour éviter la consanguinité. Dans notre cas, nous essayons au maximum de relâcher les individus dans leur aire d’origine. Mais le problème génétique est peu important sachant que l’ensemble des loups de la partie européenne de la Russie sont une seule et même espèce.

Comportement :

Kleiman (1996) relève 6 types de comportement que les individus doivent présenter pour être relâché : (1) évitement de prédateurs, (2) acquisition de nourriture, (3) interaction appropriée avec les con-spécifiques, (4) habilité à construire un abri, (5) habilité à se déplacer sur un terrain complexe, (6) habilité à s’orienter et naviguer dans un environnement complexe. Pour cela, de nombreux programmes de réintroduction préparent et entraînent les individus avant le relâché. D’après notre expérience avec les loups, le plus important pour obtenir des individus au comportement approprié est l’âge auquel ils retirés de leurs parents et la méthode d’élevage. Pris entre 3 et 5 semaines et élevés avec des loups adoptifs, ou pris après 6 semaines et élevés seuls, les individus présentent une peur de l’homme. Le comportement de prédation est instinctif et les individus apprendront à chasser par essai et erreur. Ainsi, nous considérons que les loups n’ont pas besoin d’entraînement avant le relâché.

Conclusion

Réintroduction et réhabilitation sont des processus complexes, qui demandent un engagement financier sur le long-terme et une collaboration active avec les institutions gouvernementales et non-gouvernementales (Kleiman 1996).

D’après notre expérience, les étapes pour faire de ces programmes un succès sont au nombre de 5 :

1. Avant de commencer  : une connaissance complète de l’espèce est requise. C’est pourquoi il est nécessaire d’étudier les animaux dans leur écosystème naturel. Cela inclut taille et densité de population, dispersion des individus, régime alimentaire et comportement prédateur, mécanismes de défense, comportement sexuel et interactions sociales.

2. Premières expériences  : il est nécessaire d’étudier en détails le développement. Le meilleur moyen pour cela est de suivre des individus apprivoisés durant leur croissance, et l’on observera le développement des comportements alimentaire, défensif et social. Une attention spéciale doit porter sur les moments des changements dans le développement.

3. Commencement  : un site et des fonds sont nécessaires. Alors que l’étape 2 est en cours, il faut résoudre les problèmes logistiques. Un soutien financier devra couvrir diverses dépenses (salaries, véhicules, nourriture des animaux, cages et enclos, équipement des animaux pour le suivi post-relâché) sur le long-terme. Il est nécessaire de construire une station de base, pour abriter les animaux, le personnel et l’équipement.

4. Standardisation  : les études préliminaires sur l’écologie de l’espèce et les études expérimentales sur le développement du comportement servent de bases aux méthodes d’élevage et de relâché. En testant diverses situations à l’étape 2, on peut améliorer la méthode et mettre au point les lignes directrices.

5. Continuité  : le personnel impliqué doit être formé pour le long-terme. Alors que l’étape 4 est en cours, le programme se développe et nécessite plus de personnel. S’occuper de jeunes carnivores destinés à la réhabilitation requièrent des compétences spécifiques (force physique et émotionnelle, patience, rigueur).

Remerciements

Ce travail n’aurait pas été possible sans le soutien de l’Association Lupus Laetus au programme de réhabilitation de louveteaux orphelins, le financement des colliers GPS/Argos par l’Institut d’Ecologie et d’Evolution Severtsov, et l’aide à la mobilité du Collège Doctoral Européen de Strasbourg.

Questions et débats

TEXTE

Bibliographie

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